J’AI TOUT DONNE POUR RADIO CARAÏBES…

01 novembre 2017

J’AI TOUT DONNÉ

POUR RADIO CARAÏBES…

NATIF DU QUARTIER DE VOLTAIRE-BOIS NEUF AU ROBERT LE 24 AOÛT 1945, JE NE REVAIS PAS D’UNE CARRIERE À LA RADIO PENDANT MON ENFANCE. MON PERE LEONARD GABRIEL LOUTOBY, TOUT COMME MA MERE ODETTE SERAFINE LUDOP, TRAVAILLAIENT LA TERRE COMME BEAUCOUP, POUR ELEVER LEUR 12 ENFANTS. TRAVAIL PÉNIBLE DANS LES CHAMPS DE CANNE, MARAÎCHAGE, ÉLEVAGE DE BOEUF ETC. ET POUR « VOITURE », NOUS AVIONS LE CHEVAL DE MON PÈRE. L’ÉCOLE ÉTAIT LOIN DANS TOUS LES SENS DU MOT, À PLUS DE 10 KM ET TELLEMENT LOIN DE NOS SOUCIS DE TOUS LES JOURS POUR SURVIVRE, JE SUIS UN VRAI AUTODIDACTE. TOUT CE QUE J’AI APPRIS, J’AI DÛ ALLER LE CHERCHER DE MOI-MÊME.
J’AI TOUT DONNÉ POUR RADIO CARAÏBES…
J’AI LAISSÉ MON TRAVAIL EN 1975, LAISSÉ MA PLACE À LA MAIRIE DE FORT-DE-FRANCE POUR ALLER FAIRE DE LA RADIO À SAINTE-LUCIE.

EN EFFET, J’AI REPRIS MES ÉTUDES À 15 ANS EN PRENANT DES COURS POUR ADULTES À TERRES SAINVILLE, CE QUI M’A PERMIS D’OBTENIR LE CERTICAT D’ÉTUDE. JE NE PEUX PAS OUBLIER HECTOR SAÉ QUI M’A FORMÉ.

PUIS, APRÈS DES COURS PAR CORRESPONDANCE EUROLEC, JE SUIS DEVENU ÉLECTRICIEN. MÉTIER QUI CONSISTAIT POUR MOI À RÉPARER LES POSTE DE RADIO À DOMICILE. APRÈS MON SERVICE MILITAIRE EN GUADELOUPE, UNE FOIS RÉUSSI LE CONCOURS EN 1966, J’AVAIS COMMENCÉ COMME GARDIEN DE PRISON MAIS J’AI PRÉFÉRÉ DÉMISSIONNER POUR ALLER OUVRIR UN ATELIER À PONT-DEMOTHÈNE FORT-DE-FRANCE. PAR LA SUITE, J’AI ÉTÉ EMBAUCHÉ PAR AIMÉ CÉSAIRE EN 1970 COMME ÉLECTRICIEN DANS LE CADRE D’UN PROJET DE RÉGIE D’ÉLECTRICITÉ. MON CHEF ÉTAIT ALORS LE DANIEL MARIE-SAINTE QUI OFFICIE MAINTENANT À LA CTM. NOUS ÉTIONS SYNDICALISTE, TOUT COMME FRANTZ AGASTA ET GÉRIL . J’ÉTAIS DÉLÉGUÉ SYNDICAL ET NOUS NOUS RETROUVIONS FACE À CÉSAIRE POUR DES NÉGOCIATIONS.
PUIS  EN 1975, SUITE À UNE ANNONCE PARU SUR FRANCE-ANTILLES POUR UNE ÉMISSION EN CRÉOLE, J’AI ENVOYÉ UNE MAQUETTE ET C’EST MOI QUI AI ÉTÉ CHOISI.
J’AI PRIS MON ARGENT POUR ALLER À SAINTE-LUCIE, POUR RÉGLER MON HÔTEL ET FAIRE DES ÉMISSIONS TOUS LES DIMANCHES. PRENDRE UN AVION À L’AÉRO CLUB POUR ME RENDRE À CASTRIES SAINTE-LUCIE POUR POUVOIR RÉALISER UNE ÉMISSION D’UNE HEURE SEULEMENT.
PLUS SOUVENT QUE RAREMENT, IL FALLAIT ENREGISTRER AUPARAVANT L’ÉMISSION SUR BANDE MAGNÉTIQUE, DANS LE STUDIO DE MONSIEUR MALMAIN À DUROCHER FORT-DE-FRANCE. UNE FOIS LES BANDES ENREGISTRÉES, LES ENVOYER PAR LA COMPAGNIE AÉRIENNE LA LIAT VERS SAINTE-LUCIE POUR QUE LES TECHNICIENS DE LA RADIO PUISSENT LES PRENDRE EN CHARGE. CES BANDES, JE LES PAYAIS DE MA POCHE.
SANS OUBLIER MA VIE DE MILITANT POLITIQUE QU’IL A FALLU CONCILIER AVEC LE MÉTIER D’ANIMATEUR. APRÈS AVOIR MILITÉ AUX CÔTÉS DE GUY CABORT-MASSON, J’AI ADHÉRÉ AU PPM OÚ J’AI MÊME ÉTÉ PRÉSIDENT DU BALISIER SALVADOR ALLENDE.
J’AI TOUT DONNÉ POUR RADIO CARAÏBES…

 

J’AI FAILLI DONNER MA VIE. JEAN-CLAUDE ASSELIN DE BEAUVILLE ÉTAIT MEMBRE DE L’AÉRO-CLUB DE MARTINIQUE. NOUS AVONS SOUVENT FAIT LE TRAJET MARTINIQUE-SAINTE-LUCIE DANS DES COUCOUS ET CE QUI DEVAIT ARRIVER ARRIVA, NOUS AVONS FRÔLÉ LA NOYADE COINCÉS DANS L’UN DE CES COUCOUS. SANS COMPTER LE NOMBRE DE FOIS OÚ JE ME SUIS RETROUVÉ AVEC DES APPRENTIS PILOTES OU DANS DES VOLS AU BORD DE LA CATASTROPHE AÉRIENNE.
J’AI ESSUYÉ LES INSULTES DES UNS ET DES AUTRES. QUAND ON DIT QU’À L’ÉPOQUE IL ÉTAIT INTERDIT DE PASSER LA MUSIQUE ANTILLAISE À LA RADIO, C’EST PEU DIRE. IL ÉTAIT QUASIMENT INSUPPORTABLE POUR CERTAINES PERSONNES D’ENTENDRE PARLER CRÉOLE ENDES LIEUX PUBLICS.
JE ME RAPPELLE DE QUELQUES MAUVAIS MOMENTS. LE PREMIER C’EST QUAND J’AI REÇU MONSEIGNEUR L’ARCHEVÈQUE MAURICE MARIE-SAINTE. LE JOURNAL FRANCE-ANTILLES A FAIT TOUTE UNE PAGE POUR DIRE COMMENT UN ARCHEVÈQUE POUVAIT SE PERMETTRE D’ALLER PARLER CRÉOLE À LA RADIO.
DEUXIÈME ÉVÉNEMENT, QUAND J’AI INVITÉ UN DOCTEUR POUR DONNER DES CONSEILS, C’ETAIT LE DOCTEUR FELIX AMAR. DRÔLE DE COÏNCIDENCE, LA CHANCE POUR MOI, IL AVAIT SON PROPRE AVION QU’IL PILOTAIT LUI-MÊME. CE QUI LUI PERMETTAIT DE NOUS EMMENER  FAIRE LES ÉMISSIONS À SAINTE-LUCIE. LA PREMIÈRE ÉMISSION, CE FUT DES INSULTES TOUT LE TEMPS.  » EST-CE QUE QUAND IL AVAIT PASSÉ SON DIPLÔME À BORDEAUX, EST-CE QUE C’ÉTAIT UN DIPLÔME EN CRÉOLE QU’ON LUI AVAIT DONNÉ ? »
JE ME RAPPELLE ENCORE QU’ON AVAIT UNE ÉMISSION QUI TRAITAIT DE LA BILHARZIOSE, LE DOCTEUR A DIT QU’IL NE FALLAIT PAS FAIRE SES BESOINS DANS LES RIVIERES. IL NOUS FALLAIT CHOISIR UN MOT POUR L’EXPRESSION « CACA ». JEAN-CLAUDE ASSELIN DE BEAUVILLE NOUS A CONSEILLÉ D’UTILISER UN MOT PLUS DOUX, NOUS AVONS CHOISI LE MOT « EXCRÉMENT » !
ET MÊME PLUS TARD, JE ME RAPPELLE AVOIR ÉTÉ HUMILIÉ PAR LE MAIRE DE FONDS-SAINT-DENIS QUI ME REPROCHAIT DE VOULOIR FAIRE PARLER CRÉOLE AUX HABITANTS DE SA COMMUNE. JE N’OUBLIE PAS AUSSI LES INSULTES EN DIRECT DE CERTAINS QUI TROUVAIENT L’USAGE DE CERTAINES EXPRESSIONS CRÉOLES COMME DÉGRADANT. OUI IL S’AGISSAIT BIEN DE RÉCONCILIER LE PAYS AVEC SA LANGUE, LE CRÉOLE.
EN CE SENS, IL FAUT REMERCIE LES GENS QUI M’ONT SUPPORTÉ TELS QUE RAPHAËL CONFIANT, YVES SÉRALINE ETC
JE ME SUIS TOUJOURS EFFORCÉ DE D’ABORDER DES SUJETS SÉRIEUX EN UTILISANT NOTRE LANGUE, LE CRÉOLE. PERMETTRE QU’ELLE PUISSE ÊTRE LE VECTEUR POUR LA RÉSOLUTION DE CONFLITS SOCIAUX. C’EST NOTRE LANGUE VÉRITÉ, CELLE OÚ L’ON NE SE CACHE PLUS DERRIÈRE DES PARAVENTS ! JE ME RAPPELLE AVOIR RÉUSSI À METTRE FIN À UN CONFLIT QUI PARALYSAIT LE SECTEUR DU BTP DEPUIS TROIS MOIS, EN AMENANT PATRONS ET OUVRIERS À NÉGOCIER EN CRÉOLE À LA RADIO.
COMME JE L’AI DIT ET RÉPÉTÉ SOUVENT, L’ÉTAT FRANÇAIS NE NOUS A JAMAIS IMPOSÉ LA LANGUE FRANÇAISE À LA RADIO OU À LA TÉLÉ, IL S’AGIT PLUS D’AUTOCENSURE ET DE PROBLÈMES QUE NOUS AVONS AVEC NOUS-MÊME !
IL Y AURAIT TANT À DIRE, C’EST POUR CELA QUE JE PRÉPARE UN GROS VOLUME.
J’AI TOUT DONNÉ POUR RADIO CARAÏBES…

 

CHERCHER DES INVITÉS, LES EMMENER À SAINTE-LUCIE POUR LES ENREGISTRER, PAYER LEURS VOYAGES.
NE PARLONS MÊME PAS DES MOMENTS DIFFICILES, JE N’OUBLIE PAS LES 5 CHÈQUE SANS PROVISIONS DE RADIO CARAÏBES. J’AI DÛ PAYER DE MA POCHE LES VOYAGES POUR LES ÉMISSIONS EN DIRECT, PAYER AUSSI LES BANDES MAGNÉTIQUES POUR ENREGISTRER LES ÉMISSIONS.
CE QUI M’A PERMIS D’AVOIR DES ARCHIVES TRÈS RICHES DE TOUS LES GRANDS MUSICIENS, DES TOUS LES MAIRES DE LA MARTINIQUE, DE TOUS LES RESPONSABLES POLITIQUES DE L’ÉPOQUE TELS QUE AIMÉ CÉSAIRE, LE DOCTEUR ALIKER, ALFRED MARIE-JEANNE, CAMILLE DARSIÈRES, MONSEIGNEUR MARIE-SAINTE ETC ETC
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MON ARGENT MAIS AUSSI MON TEMPS ! TANT DE SACRIFICES. ON PARLE DE MOI COMME ÉTANT LE « MAGICIEN DES ONDES ». ON PEUT Y VOIR QUELQUES TOURS DE PASSE-PASSE SI ON VEUT. MAIS C’EST OUBLIER LE TEMPS CONSACRÉ À CHERCHER LES DISQUES, LES ARCHIVES, À ÉCOUTER AUSSI. LE TRAVAIL SI ON PEUT DIRE MÊME SI CE MOT N’EST PAS TRÈS ARTISTIQUE. AUJOURD’HUI, IL RESTE MA DISCOTHÈQUE QUI IMPRESSIONNE CERTAINS AVEC SES 25.000 ALBUMS PAYÉS DE MA POCHE, DES 78-45 & 33 TOURS QUI M’ONT TANT SERVI LORS DES MES ÉMISSIONS DE NUIT COMME DE JOUR TEL QUE MANO RÉTRO- COUCOU RÉTRO -  POUR PARLER FRANCHEMENT LES «VIYERI » !
J’AI TOUT DONNÉ POUR RADIO CARAÏBES…

 

EN OSANT INVITER DES PARIAS DE LA SOCIÉTÉ COMME L’ÉTAIT ALORS GUY CABORT-MASSON. PLUSIEURS ÉMISSIONS ONT PERMIS DE DÉCOUVRIR CET HOMME-LÀ. TOUT COMME J’AI FAIT DÉCOUVRIR LE BANNI FRANTZ FANON. CELA MALGRÉ LA BOUE REÇUES, LES RÉTICENCES ET LES CRITIQUES TOUT AZIMUT.
J’AI TOUT DONNÉ POUR RADIO CARAÏBES… 
LA VOIX, MON STYLE ! EN DEUX MOTS, QUE DEVIENNENT MES ENFANTS DANS TOUT CELA. N’AI-JE PAS SOUFFERT ? NE LES AI-JE PAS FAIT SOUFFRIR ?
MAINTENANT, LES CHOSES SONT PLUS FACILES MAIS À L’ÉPOQUE, IL FALLAIT TOUT ACHETER.
J’AI SOUVENT FAIT DES ÉMISSIONS « AVEC DES BOUTS DE FICELLES » COMME ON DIT SAUF QUE J’AI PLUS SOUVENT QUE RAREMENT DÛ ACHETER LES BOUTS DE FICELLES MOI-MÊME. A BON ENTENDEUR SALUE.
HEUREUSEMENT IL Y A EU DES ÉMISSIONS REMARQUABLES COMME BONJOU MISSIÉ LI MÈ – DOKTÈ KARAÏB – LA JÉNÈS AN TAN LONTAN – AVOCAT KARAÏB – SA ZOT KA FÈ – MANO NOËL  ETC ETC IL Y A EU AUSSI LA LÉGION D’HONNEUR EN 1990. AU DERNIER MOMENT, ON M’A PROPOSÉ LE DOCTORAT HONORIS CAUSA À TRINIDAD MAIS JE N’Y SUIS PAS ALLÉ.
QUAND JE VOUS RACONTE TOUT CELA, VOUS POURRIEZ PENSER QUE JE VOUS DIS QUE J’AI FAIT TOUT CELA TOUT SEUL. MAIS JE PEUX VOUS DIRE LES GENS QUI ONT FAIT AUSSI RADIO CARAÏBES TELS QUE YANN DUVAL, JEAN-CLAUDE ASSELIN DE BEAUVILE QUI A TOUT DONNÉ MAIS VRAIMENT TOUT, QUI M’A DÉFENDU DANS DES MOMENTS TRÈS DIFFICILES. ON NE PEUT PAS OUBLIER JEAN-PIERRE PASTEL SURNOMMÉ IGNACE, MAURICE PASTEL SURNOMMÉ MOMO, BALTHAZAR ETC ETC SANS OUBLIER PIERRE PLACIDE DÉCÉDÉ DEPUIS, QUI NOUS EMMENAIT DU MATÉRIEL POUR NOUS AIDER CAR IL N’Y AVAIT RIEN À RADIO CARAÏBES. ET LES TECHNICIENS DANS TOUT CELA, QUI ÉTAIENT LÀ 24 SUR 24 HEURES SANS TOUCHER UN CENTIME DE PLUS COMME YANNICK RENÉ-CORAIL, LUCIEN TIMOS, JEAN-MARIE FLORINE, MARCEL LIMÉA ETC ETC
POUR EN FINIR, À L’HEURE ACTUELLE, JE SUIS À LA RETRAITE ET JE FOUILLE DANS LES ARCHIVES ET TOUT CE QUE JE VIENS DE VOUS DIRE, VOUS POUREZ LE RETROUVER SUR MON BLOG,  ET SUR MES DEUX SITES.
EN CE QUI CONCERNE RADIO CARAÏBES D’AUJOURD’HUI, EN VERSION « WW » COMME ON DIT, ILS N’ONT JAMAIS GLORIFIÉ LES GENS QUE JE VIENS DE CITER QUI ONT FAIT RADIO CARAÏBES. POUR DIRE LA VÉRITÉ, LA DIRECTION D’AUJOURD’HUI VOUS PRÊTE UN PARAPLUIE ET QUAND LA PLUIE SE MET À TOMBER, ILS VOUS LE REPRENNENT.
J’AI TOUT DONNÉ POUR RADIO CARAÏBES ET J’EN SUIS FIER.
MANO LOUTOBY LE MARDI-01-NOVEMBRE-2016

 

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